taupé


taupé

1. taupe [ top ] n. f.
• v. 1250; lat. talpa
1Petit mammifère fouisseur (insectivores) aux yeux très petits, à beau poil sombre, dont les membres antérieurs aux doigts réunis par une membrane forment une sorte de pelle, et qui vit sous terre en creusant de longues galeries décelables à la surface du sol par des monticules de terre rejetée ( taupinière). La taupe vit dans l'obscurité, mais n'est pas aveugle. Piège à taupes ( taupière) .
Loc. Myope comme une taupe : très myope. — Fig. Vieille taupe : vieille femme désagréable.
Adj. inv. De couleur grise à reflets bruns. Des robes taupe.
2Fourrure à poil court et soyeux de cet animal. Col, bonnet de taupe.
3Squale pélagique, mesurant jusqu'à 3 ou 4 m, et qui vit dans l'Atlantique. lamie.
4(1973) Techn. Engin de génie civil servant à creuser des tunnels. tunnelier.
5Fam. Espion infiltré dans le milieu qu'il observe. sous-marin.
taupe 2. taupe [ top ] n. f.
• 1888 « ensemble des taupins »; de taupin
Arg. scol. Classe de mathématiques spéciales préparant aux grandes écoles, à Polytechnique. Être en taupe.

taupe nom féminin (latin talpa) Mammifère insectivore, aux pattes antérieures puissantes, presque aveugle, de mœurs fouisseuses. [Les taupes édifient des terriers complexes et rejettent la terre à l'extérieur par endroits (taupinières). Grands consommateurs d'insectes, ces animaux sont plus utiles que nuisibles.] Peau ou fourrure de cet animal, utilisée en pelleterie. Argot scolaire. Classe de mathématiques spéciales. Familier. Agent secret, espion, etc., dissimulé à l'intérieur d'un organisme, d'une institution. Argot militaire. Soldat du génie. Nom usuel des requins de la famille des lamnidés. ● taupe (citations) nom féminin (latin talpa) Jean de La Fontaine Château-Thierry 1621-Paris 1695 Lynx envers nos pareils, et taupes envers nous, Nous nous pardonnons tout, et rien aux autres hommes. Fables, la Besace Tchouang Tseu mort en 315 avant J.-C. Quand la taupe boit dans le fleuve, elle ne prend que ce qu'il lui faut.taupe (expressions) nom féminin (latin talpa) Myope comme une taupe, très myope. ● taupe (homonymes) nom féminin (latin talpa) top nom masculin tope forme conjuguée du verbe toper topent forme conjuguée du verbe toper topes forme conjuguée du verbe toper

n. f.
rI./r
d1./d Petit mammifère insectivore d'Europe et d'Asie tempérée au corps trapu, aux pattes antérieures fouisseuses robustes, qui vit dans des galeries qu'il creuse sous terre. La taupe, aux yeux atrophiés, est presque aveugle.
|| Par compar. Myope comme une taupe: très myope.
d2./d Fourrure faite avec la peau de cet animal.
d3./d TRAV PUBL Engin de terrassement utilisé pour creuser les tunnels.
rII./r Arg. (des écoles) Classe de mathématiques spéciales.

⇒TAUPE, subst. fém.
A. — ZOOL. Petit mammifère, répandu en Europe, en Amérique, etc., caractérisé par un corps oblong, un pelage ras, velouté, noir ou gris argenté, un museau allongé en boutoir, des yeux très petits, une ouïe et un odorat développés, des membres antérieurs robustes, aux mains larges, à paume nue, aux doigts munis d'ongles tranchants, servant à fouir et qui vit sous terre, se nourrissant d'insectes, de vers, de larves, considéré à la fois comme utile et comme nuisible aux cultures. Peau de taupe. Voici un animal ami de la retraite. (...) la taupe vit dans un labyrinthe (...). Son mâle ou sa femelle, ses petits, quelques pas de couloirs souterrains, et c'est assez pour l'existence entière. Si ce n'étaient les monticules de terre qu'elle élève en cheminant (...), on ne soupçonnerait pas sa présence (PESQUIDOUX, Chez nous, 1921, p. 221). Parmi les Insectivores, se trouvent des espèces à poils extrêmement soyeux, comme la Taupe (E. PERRIER, Zool., t. 4, 1932, p. 3357).
Loc., fam.
Myope comme une taupe. V. myope A 1. Noir comme une taupe. [Gén. à propos du teint d'une pers.] Très noir. C'est sec comme de l'amadou, noir comme une taupe (...); voilà l'Espagnol (DUMAS père, Napoléon, 1831, III, 6e tabl., 3, p. 60).
Ne pas voir plus clair qu'une taupe. Avoir la vue assez basse. (Dict. XIXe et XXe s.). Vivre comme une/des taupe(s). Vivre de manière casanière. Voici deux êtres qui vivent comme des taupes, comme des larves (...), ils se sont volontairement enfermés dans la geôle de ces murs inhospitaliers... Tout ce qui fait la joie de la vie, (...) ils le suppriment (MIRBEAU, Journal femme ch., 1900, p. 365).
Royaume des taupes. V. royaume C. Aller au royaume des taupes/chez les taupes; envoyer au pays des taupes; partir pour le royaume des taupes. (Faire) mourir. J'ai des spasmes d'estomac qui me font croire de temps en temps que je vais partir pour le royaume des taupes (MÉRIMÉE, Lettres ctesse de Montijo, t. 2, 1859, p. 129). Il ne faut qu'une chiquenaude du bon Dieu pour nous envoyer au pays des taupes (FABRE, Courbezon, 1862, p. 394).
B. — P. méton.
1. Peau de cet animal utilisée comme fourrure. Un manteau de taupe. La taupe sert à faire des cravates, des manchons, des étoles et des gilets. Chaque bête, une fois tannée, est taillée en langue de peau biseautée (PESQUIDOUX, Chez nous, 1921, p. 229). Sur une « robe » de « taupe » il y a une écharpe de zibeline (J.-H. PRAT, Fourrure et pelletiers à travers les âges, 1952, p. 292). V. couvre-chef ex. 1.
2. En appos. avec valeur d'adj. (Couleur) taupe, gris(-) taupe. D'une couleur qui évoque le pelage de la taupe. Pour toilette de ville, on y voit des draps casimir couleur feutre, oreille d'ours, marron, taupe (Pt courr. dames, 1840, p. 220). Des yeux gris taupe, d'une nuance assez trouble: l'eau qui dort (MARTIN DU G., Thib., Belle sais., 1923, p. 928).
C. — P. anal.
1. [P. réf. à l'aspect de la taupe ou de son terrier]
a) Personne ou chose qui évoque une taupe par sa forme, sa couleur, sa manière d'être. Le radis noir: taupe de velours noir (RENARD, Journal, 1900, p. 581). Devenir comme ceux qu'il essayait d'imaginer dans cette terre grasse: les morts, ces taupes humaines dont la présence se manifeste par de petits monticules (MAURIAC, Sagouin, 1951, p. 95).
b) PATHOL. Vx. Loupe allongée, sinueuse, qui se forme dans le cuir chevelu. (Dict. XIXe s. et QUILLET 1965). (Mal de) taupe. Tumeur phlegmoneuse qui apparaît sur la tête ou la nuque du cheval, du bœuf par suite de frottements, de contusions. Mal de nuque.Mal de taupe. Affection similaire en tout point au mal de garrot, siégeant à la nuque et due à des blessures occasionnées par la têtière (GARCIN, Guide vétér., 1944, p. 36).
c) ZOOL. Taupe de mer, ou absol., taupe. Synon. de lamie. Les Requins (...) ont de trois à cinq mètres de longueur: le Griset (...), la Taupe (Zool., t. 3, 1972, p. 1040 [Encyclop. de la Pléiade]). Rat-taupe. V. rat A 3 c.
2. [P. réf. à la petitesse, à la déficience des yeux de la taupe] Personne qui a la vue très basse. Tenant entre deux doigts son pince-nez, (...) il en clarifiait les verres. Lafcadio l'observait, s'étonnait de ses yeux de taupe clignotant sous d'épaisses paupières rougies (GIDE, Caves, 1914, p. 849). Il redoutait toute lumière à cause de ses yeux (...). Il mettait (...) une bonne demi-heure le matin à les ouvrir et encore une autre demi-heure avant d'y voir un peu clair avec (...). Une énorme taupe bien galeuse (CÉLINE, Voyage, 1932, p. 170).
3. [P. réf. à l'activité souterraine de la taupe]
a) Personne qui creuse le sol, remue de la terre ou travaille sous terre. Les chercheurs de trésors avaient abouti à la tombe royale par un de leurs sondages pratiqués sur un autre point de la montagne. (...) la chaîne est ici trop épaisse (...) pour que ces taupes de malheur aient pu, en grattant le roc, prolonger leurs mines jusqu'ici (GAUTIER, Rom. momie, 1858, p. 163). Ces cinquante soldats qui se suivaient (...) dans une crevasse de terre (...), avaient l'air de lutter pour que le champ ne se refermât point sur eux. (...) ils étaient comme des pétrisseurs de boue, (...) hommes devenus taupes ou vers de terre dans une tombe où, vivants, ils rampaient (BENJAMIN, Gaspard, 1915, p. 136).
Arg. milit., vieilli. Taupe (de rempart). Soldat du Génie, chargé de creuser les tranchées et surtout de poser les mines sous terre. (Dict. XIXe et XXe s.). Synon. taupin (v. ce mot A 1).
b) TECHNOLOGIE
Taupe (à rigoles), charrue-taupe. Charrue servant à tracer des rigoles pour l'irrigation ou pour faciliter l'évacuation des eaux. Le drainage en galeries n'est pas récent, cette méthode a été connue en Angleterre dès 1825 sous le nom « mole draining » (taupe drainante) et était désigné en France sous le nom de drainage en coulées de taupe. Un certain nombre de machines appelées charrues-taupe ont été réalisées pour exécuter ce travail (PASSELÈGUE, Mach. agric., 1930, p. 96).
— ,,Engin de génie civil servant à creuser des tunnels, qui travaille de manière continue et à pleine section`` (Industries 1986). Le tunnelier, ou « taupe », énorme engin chargé du creusement d'une partie du tunnel de la ligne D du métro de Lyon (...) rencontre moins de difficultés pour creuser le deuxième tube (Le Monde, 25 juill. 1986, p. 16).
D. — P. anal. ou au fig.
1. Personne qui manque de lucidité intellectuelle ou d'exigences morales. Pierrotte n'est pas un aigle, mais ce n'est pas une taupe non plus. Il a le sens très net, très droit (A. DAUDET, Pt Chose, 1868, p. 232):
Fichez-moi la paix avec votre bonheur de taupes, votre bonheur d'imbéciles que satisfait un fagot qui flambe, un verre de vieux vin ou le frôlement d'une femelle. Je vous dis, moi, que la misère humaine me ravage, que je la vois partout, avec des yeux aigus, que je la trouve où vous n'apercevez rien...
MAUPASS., Contes et nouv., t. 2, Mis. hum., 1886, p. 647.
2. Personne qui se voue à un labeur obscur, ingrat et manque d'envergure dans ses ambitions; ce qui préfère demeurer dans l'ombre, caché. Cette poésie, au moins chez moi, est une taupe honteuse qui rentre à cent pieds sous terre à moins de silence profond et de sécurité parfaite (SAINTE-BEUVE, Corresp., t. 1, 1828, p. 104). Sa spécialité est de déterrer les actes civils des peintres académiciens du XVIIIe siècle (...). Et il travaille à cela depuis dix ans! (...) c'est attristant et lugubre, ces travaux de taupes et de fourmis enragées (GONCOURT, Journal, 1863, p. 1329).
3. Personne ou chose malfaisante, qui agit sournoisement, cherche à nuire en secret. Elle allait parmi les ténèbres, Poursuivant, chassant, dévorant Les vices, ces taupes funèbres (HUGO, Contempl., t. 2, 1856, p. 195). Une taupe, dont les trous vous ont fait trébucher, vous l'écraseriez (...), les trois quarts des hommes ne sont que des taupes, de nuisibles et méprisables taupes (MILLE, Barnavaux, 1908, p. 236).
Vieille taupe ou absol. taupe (péj.). Vieille femme désagréable par son étroitesse d'esprit, ses manœuvres perfides, etc. — Je voudrais bien que les demoiselles Mangebois eussent sur elle la même opinion. (...)Qu'ont à voir ces deux taupes avec Isabelle? (...)(...). Elles ont demandé à être entendues de l'Inspecteur; elles m'ont laissé supposer (...) une dénonciation (GIRAUDOUX, Intermezzo, 1933, I, 3, p. 19). « Elle a encore réussi à s'y glisser, la vieille taupe », pensa Lucien Maublanc. C'était bien le septième faire-part où la mère Polant figurait (...). « Au moins, la chipie ne sera pas sur le mien (...) » (DRUON, Gdes fam., t. 1, 1948, p. 70).
4. Personne infiltrée dans un milieu plus ou moins hostile pour l'espionner. Synon. fam. sous-marin. Même si le Général [De Gaulle] avait autorisé une enquête, nous aurions créé une atmosphère de suspicion générale. Sans avoir la moindre chance d'identifier la taupe (...). La seule solution consistait à tenir notre information secrète et à protéger notre source. Tant que notre contre-taupe n'était pas détectée, nous restions en position de force (L'Express, 28 févr. 1981, p. 127, col. 2). Le lieutenant de l'armée française (...) « Frédérique Bonlieu », la « taupe » de la DGSE au sein de Greenpeace, avait aussi tenté de s'infiltrer dans l'organisation écologiste les Amis de la terre (Le Monde, 29 août 1985, p. 7).
5. Arg., vx. Prostituée, maîtresse d'un souteneur. La taupe [que le sublime a emmenée chez lui] l'apostrophe, elle est refaite, elle comptait sur cent sous, maintenant plus rien (POULOT, Sublime, 1872, p. 158). Malheur aux pantres [paysan, bourgeois] de province Qui flouaient la taupe à Navet! (...) Souvent, lardé d'un coup de bince [couteau], Le micheton nu se sauvait (RICHEPIN, Chans. gueux, 1881, p. 173).
Prononc. et Orth.:[to:p]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. a) Ca 1250 (RICHARD DE FOURNIVAL, Bestiaire d'amour, éd. C. Segre, p. 35, 3: la taupe ki goute ne voit, ains a les iels desous le cuir); XIIIe s. [ms.] (La Chante-pleure, ms. Bibl. nat. fr. 837, fol. 335 v°, fac-sim. publ. par H. Omont, Paris, 1932, p. 670b); 1840 empl. adj. couleur taupe (Pt courr. dames, loc. cit.); b) 1798 fig. « homme sournois et dangereux qui agit par voies souterraines » (Ac.); 1845 « traître » (BESCH.); 2. a) 1765 taupe de mer « scolopendre de mer » (Encyclop. t. 15, p. 938b); b) 1779 id. « squale, requin » (DUHAMEL DU MONCEAU, Traité des pêches d'apr. FEW t. 13, 1, p. 61b); 3. 1783 « tumeur à la nuque du cheval » (Fr. ROZIER, Cours compl. d'agric., t. 3, Paris, p. 272a). B. 1888 « classe, ensemble de taupins » (VILLATTE, Parisismen). A issu du lat. talpa « taupe ». B réfection de taupin. Fréq. abs. littér.:298. Fréq. rel. littér.:XIXe s.: a) 468, b) 341; XXe s.: a) 530, b) 365.
DÉR. 1. Taupier, subst. masc. Preneur de taupes; en partic., homme qui était employé temporairement à chasser, détruire les taupes dans les terrains envahis par les taupinières. Il suivait Pointet le taupier qui tendait ses trappes le long du ruisseau. (...) on lui donnait deux sous par taupe qu'il prenait, il en rapportait des fois plein sa hotte (RAMUZ, A. Pache, 1911, p. 23). En appos. Le déterrage à la bêche suppose une parfaite connaissance des mœurs de la taupe et une patience à toute épreuve (...)! C'était l'art des maîtres taupiers, à la recherche d'une fourrure absolument unique: un pelage très doux (...). Mais les taupiers ont disparu: pas rentable cette fourrure timbre-poste (Le Monde aujourd'hui, 29-30 avr. 1984, p. VI, col. 4). — [topje]. Att. ds Ac. dep. 1694. — 1re attest. 1690 (FUR.); de taupe, suff. -ier; cf. taulpetier (1611, COTGR.), forme au suff. élargi d'apr. les dér. de mots à finale en -et. — Fréq. abs. littér.: 13. 2. Taupière, subst. fém. a) Vieilli. Synon. de taupinière. Le mâle jette ordinairement ses laissées (...) sur une taupière, sur une touffe d'herbe (LA HÊTRAIE, Chasse, vén., fauconn., 1945, p. 158). b) Technol. Piège à taupes. L'un des plus usités [des pièges] a la forme d'une pincette en fer (...). On découvre alors le conduit fréquenté par une taupe, on y place le piége [sic] et lorsque l'animal revient par cette galerie, il (...) se trouve saisi (...). On confectionne aussi une taupière avec un morceau de bois creusé et muni d'une soupape (CHESN. t. 2, 1858). — []. Ac. 1694, 1718: -iere; dep. 1740: -ière. — 1res attest. a) 1312 Artois tarpieres synon. de taupinières (Bibl. nat. fr. 8551 ds GDF.), 1332 Lagny [Seine-et-Marne] taupieres (Arch. nat. KK 3 b, fol. 136 v°, ibid.), spéc. relevé dans les dial. pic. et champ. (FEW t. 13, 1, p. 63b), b) 1680 « piège à taupe » tendre une taupiere (RICH.); de taupe, suff. -ière (-ier).
BBG. — DAUZAT Ling. fr. 1946, p. 259. — QUEM. DDL t. 3 (s.v. taupier), 16, 33, 38 (royaume des taupes).

1. taupe [top] n. f.
ÉTYM. XIIIe; du lat. talpa.
———
I
1 Petit mammifère insectivore (Talpinés), scientifiquement appelé talpa, dont les membres antérieurs aux doigts réunis par une membrane forment une sorte de pelle ( Fouisseur), aux yeux très petits, à beau poil sombre, qui vit sous terre en creusant de longues galeries décelables à la surface du sol par des monticules de terre rejetée ( Taupinière). || La taupe vit dans l'obscurité, mais n'est pas aveugle, elle n'a pas de sommeil hibernal et chasse toute l'année dans ses galeries; elle est très vorace et détruit quantité d'insectes, de vers blancs, de rongeurs; mais elle nuit aux cultures en coupant les racines pour fouir ses galeries. || Trou de taupe (→ Observer, cit. 9).
1 La taupe, sans être aveugle, a les yeux si petits, si couverts, qu'elle ne peut faire grand usage du sens de la vue (…) elle a de plus le toucher délicat; son poil est doux comme la soie; elle a l'ouïe très fine et de petites mains à cinq doigts, bien différentes de l'extrémité des pieds des autres animaux (…)
Buffon, Hist. nat. des animaux, « La taupe ».
2 (…) la taupe soulevant les déjections de ses galeries laisse luire son œil aveugle dans le mouron rouge (…)
Aragon, le Paysan de Paris, p. 194.
tableau Noms de mammifères.
Loc. (XVIIe). Le royaume des taupes : la terre (→ Gaupe, cit. 3).Aller chez les taupes, manger la terre avec les taupes (→ Refuser, cit. 11). Mourir. — ☑ (1690). Noir comme une taupe. — ☑ Myope comme une taupe : très myope. Fig. Personne peu clairvoyante. || « Lynx envers (1. Envers, cit. 6) nos pareils et taupes envers nous » (La Fontaine). — ☑ Vivre comme une taupe, sans sortir de chez soi.
2 (XXe). Fig. Femme désagréable. || Quelle vieille taupe.
3 — (…) J'ai toujours vécu comme une taupe dans sa taupinière : c'est toi qui m'as fait sortir de mon trou, et regarder l'univers !
Martin du Gard, les Thibault, t. III, p. 70.
4 — Tiens, qu'elle dit, elle est encore là, la vieille taupe.
R. Queneau, Zazie dans le métro, 1959, Folio, p. 176.
3 Fourrure à poil court et soyeux de la taupe. || Col, bonnet de taupe (→ Taupé).
4 (1779). || Taupe de mer : ver qui creuse des galeries dans le sable. Aphrodite.
Poisson (squale) pélagique, mesurant entre 1,30 m et 3 m et que l'on pêche dans l'Atlantique. Lamie.
5 (1842; taupe, 1793). Vétér. || Mal de taupe : lésions sinueuses (comme les galeries des taupes) du cheval provoquées par la compression de la têtière du licol.
6 (1886). Argot milit. Vx. Soldat du génie. Taupin.(Mil. XXe). Espion infiltré dans le milieu qu'il observe. || « Ces espions (…) installés dans les pays latino-américains, seront des taupes redoutables » (l'Express, 19 avr. 1980, p. 183). Sous-marin.
7 (1973). Techn. Engin de génie civil servant à creuser des tunnels, qui travaille de manière continue et à pleine section.
———
II (1909, gris taupe). Adj. invar. De couleur grise à reflets bruns. || Des robes taupe.
tableau Désignations de couleurs.
DÉR. Taupé, taupier, taupière, taupin, taupinée, taupinière.
COMP. Taupe-grillon.
————————
2. taupe [top] n. f.
ÉTYM. 1888, « ensemble des taupins »; de taupin.
Argot scol. Dans les lycées, Classe de mathématiques préparant aux grandes écoles, à Polytechnique. || Mathématiques spéciales ou taupe, mathématiques supérieures ou hypotaupe. || Être en taupe.
0 Jusqu'à mon entrée en taupe, voici donc mes sept années de lycée engagées en marche lente dans la routine du travail et des succès dits scolaires (…)
Raymond Abellio, Ma dernière mémoire, t. I, p. 144.
COMP. Hypotaupe.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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